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Inégalités socioéconomiques

Le coût d’une saine alimentation croît plus rapidement que ne le fait le revenu, surtout lorsqu’on est au bas de l’échelle. Des solidarités se manifestent heureusement, qui permettent d’en atténuer les effets.

  • Distribution de la population vivant sous le seuil de faible revenu selon la composition desfamilles, RMR de Montréal 2004
    source : Institut de la statistique du Québec 2

    *La mesure du faible revenu est basée sur 50 % du revenu familial médian québécois après impôt; notons également que le revenu médian est ajusté en fonction de la taille de la famille.

    Dans la grande région, 23,7 % des familles avaient un faible revenu en 2005, sensiblement comme en 2000 (23,5 %). Le taux de 2005 était supérieur de 5,3 % à la moyenne québécoise, et de 9,2 % à la moyenne canadienne. 1

  • En 2004, les couples vivant en situation de faible revenu avec ou sans enfants étaient proportionnellement moins nombreux dans l’agglomération de Longueuil que dans celle de Montréal (41,7 % vs 45,9 %), tandis que les familles monoparentales l’étaient davantage (26,7 % vs 22,7 %) tout comme à Laval (24,7 %). 2

  • En 2004, on comptait 512 080 personnes vivant en situation de faible revenu dans la grande région, soit 14,2 % de la population. Il y en avait 356 780 sur l’île, c’est-à-dire 19 % de la population, dont 99 750 enfants et 10 450 personnes de 65 ans et plus. Parmi les enfants, 45,5 % appartenaient à une famille monoparentale. 3
  • Proportion de familles vivant en situation de faible revenu, selon le type de famille, 2004
    source : Institut de la statistique du Québec 2

    **Il s’agit de personnes n'appartenant pas à une famille de recensement – famille comptant un couple ou famille monoparentale. Il se peut qu’elles habitent avec leur enfant marié ou avec leur enfant et petit-enfant. Il se peut qu'elles habitent avec une famille à laquelle elles sont apparentées ou non. Il se peut aussi qu'elles habitent seules ou avec d'autres personnes hors famille de recensement.


    • En 2004, 16,54 $ étaient versés en paiement de transferts gouvernementaux par tranche de 100 $ de revenu d’emploi dans la grande région. Sur l’île, cela s’élevait à 19,74 $; les prestations du Régime de pensions du Canada, du Régime des rentes du Québec et de la Sécurité de la vieillesse comptaient pour 57,9 % de ce montant. 4
    • Sur l’île, en 2005, parmi les personnes de 65 ans et plus, 35,4 % des hommes et 48,2 % des femmes bénéficiaient du Supplément de revenu garanti. ***Dans l’ensemble du Québec, ces proportions étaient supérieures de plus de 6 points (42,1 % et 54,5 %). 5
      ***Le Supplément de revenu garanti s'ajoute à la pension de la Sécurité de la vieillesse afin d’assurer un revenu additionnel aux personnes âgées à faible revenu.
    • Sur l’île, en 2007, le coût moyen d'une bonne alimentation est estimé à 6,11 $ par jour par personne pour une famille typique [parents autour de 40 ans, fils de 14 ans et fille de 9 ans], soit 171 $ par semaine. Deux années auparavant, c’était 154 $. 6
    Au Québec, les cuisines collectives ont vu le jour en 1982 dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Elles sont nées de la débrouillardise de deux sœurs et d'une amie qui se réunissaient régulièrement pour planifier et cuisiner leurs recettes, tout en partageant les coûts. Cette belle idée s'est transmise et le Regroupement des cuisines collectives du Québec (RCCQ) a été mis sur pied en 1990. Parmi les seuls membres du RCCQ, on compte aujourd’hui 7 groupes à Laval, 12 à Longueuil et 176 à Montréal. Au sein de ceux-ci, quelque 975 personnes cuisinent en général une fois par mois pour nourrir pas moins de 4 875 bouches. Une cuisine collective, c’est d’abord un petit groupe de personnes qui met en commun temps, argent et compétences pour confectionner des plats sains, économiques et appétissants. Mais c’est aussi un lieu privilégié d’éducation populaire, de solidarité, de fierté et de dignité : les groupes préparent ainsi de bons repas, laissent mijoter de belles actions de prise en charge et récoltent les fruits d'une qualité de vie meilleure. 8
    • En 1996, les Noirs constituaient 2 % de la population canadienne et 21,3 % d’entre eux vivaient dans la grande région de Montréal, second foyer en importance après Toronto (47,9 %). Originaires des Caraïbes (81,5 %) ou du continent africain (18,5 %), les Noirs établis dans la grande région de Montréal formaient 3,7 % de la population locale, contre 6,4 % à Toronto. 9
    • En 1996, près d’un Noir sur deux avait moins de 25 ans à Montréal (contre 30 % de l’ensemble de la population), les femmes comptaient pour 53,6 % (contre 51,4 %) et la proportion de parents chefs de famille monoparentale était plus du double (10,4 % vs 4,5 %). Les Noirs étaient proportionnellement plus nombreux à n’avoir pas terminé leur cours secondaire (34,5 % vs 31,8 %), connaissaient un taux de chômage deux fois et demie supérieur (26,5 % vs 10,7 %) et leur revenu moyen était d’un tiers inférieur. Ainsi, 57 % des Noirs vivaient dans la pauvreté (contre 26,2 %), soit 2 enfants sur 3 (contre 3 sur 10), et 3 parents chefs de famille monoparentale sur 4 (contre 45 %). 9
    • En 1996, parmi les diplômés de l’université, le chômage des Noirs était 3 fois supérieur à celui des non-Noirs; en fait, leur niveau de chômage était alors identique à celui des non-Noirs n’ayant pas complété le secondaire. 9
    • En 1996, les hommes noirs avaient un revenu de 20 % supérieur à celui des femmes noires, mais de 10 % inférieur à celui de l’ensemble des femmes montréalaises et de 45 % inférieur à celui de l’ensemble des hommes montréalais. 9
    • En 2000, le taux de faible revenu parmi les peuples autochtones de la grande région était de 35,5 %, comparativement à 21,4 % chez les non-Autochones, un écart de 14,1 points, lequel était de 11,8 à Toronto, et de 21,5 à Vancouver où le taux de faible revenu des Autochtones atteignait 40,9 %. 11
    • Les Premières nations ne constituent pas la moitié de 1 % de la population de la grande région. En dépit de cette faible représentation, de nombreux sans-abri chroniques seraient autochtones. Parmi ceux-là, une bonne proportion serait Inuit alors qu’ils ne forment pas même 5 % des Autochtones à Montréal. L’itinérance des femmes autochtones serait presque aussi importante que celle des hommes; chez les non-Autochtones, cette proportion est plutôt estimée à cinq hommes pour une femme. 11, 12
    • Nombres de places (lits) pour itinérants, selon la clientèle desservie, île de Montréal, 2006
      source : CRI-UQÀM 13

    1 Caractéristiques des familles, mesures de faible revenu (MFR), selon le type de famille et la composition de la famille, tableau Cansim 111-0015, Statistique Canada
    (consulté le 21 août 2007)
    2 Banque de données des statistiques officielles sur le Québec, Institut de la statistique et compilation spéciale pour la RMR obtenue de Marcel Côté de SECOR Conseil
    (consulté le 31 juillet 2007)
    3 Nombre de personnes dans les familles à faible revenu, selon le type de famille, 2000-2004, Institut de la statistique du Québec
    (consulté le 31 juillet 2007)
    4 Banque de données des statistiques officielles sur le Québec, Institut de la statistique
    Bulletin statistique régional. Montréal, Vol 4, No 1, Institut de la statistique du Québec, mai 2007
    (consulté le 31 juillet 2007)
    5 Portrait de santé du Québec et de ses régions 2006 : les statistiques – Deuxième rapport national sur l’état de santé de la population du Québec, Gouvernement du Québec, 2006
    (consulté le 31 juillet 2007)
    6 Étude sur le coût du panier à provisions nutritif dans divers quartiers de Montréal, Dispensaire diététique de Montréal, 2007
    « 6,11 $ par personne par jour pour bien se nourrir à Montréal », Cyberpresse, 4 avril 2007
    « Payer son loyer ou bien se nourrir ? », par Émilie Côté, Cyberpresse, 5 avril 2007
    (consultés le 31 juillet 2007)
    8 Données du Regroupement des cuisines collectives du Québec fournies par Guyane Marcoux
    (consulté le 31 juillet 2007)
    9 The Evolution of the Black Community of Montreal : Change and Challenge, Executive Summary, by James L. Torczyner and Sharon Springer, McGill Consortium for Ethnicity and Strategic Social Planning, Montreal Black Communities Demographic Project, October 2001
    Bref portrait sociodémographique des communautés noires du Québec, par Myrlande Pierre, Conseil des relations interculturelles, mai 2002
    (consulté le 30 avril 2007)
    11 Tendances et conditions dans les régions métropolitaines de recensement – Situation des peuples Autochtones dans les régions métropolitaines de recensement, 1981 à 2001, par Andrew J. Siggner et Rosalinda Costa, Statistique Canada, juin 2005
    Tendances et conditions dans les régions métropolitaines de recensement – Le Canada et ses villes mondiales : conditions socio-économiques à Montréal, Toronto et Vancouver, par Andrew Heisz, Statistique Canada, juillet 2006
    (consultés le 31 juillet 2007)
    12 Statistiques des populations autochtones du Québec 2005, Secrétariat aux affaires autochtones du Québec
    « La marginalisation des femmes autochtones à Montréal », par Mylène Jaccoud et R. Brassard, dans David Newhouse et Evelyn Peters (éds.), Des gens d'ici : les Autochtones en milieu urbain, pp. 143-159, Canada, Projet de recherche sur les politiques, 2003
    « Autochtones sans-abri à Montréal : perdus dans la ville », par Patrick Bellerose, Montréal Campus, numéro 11, février 2005
    « Le Tiers-Monde au bout de la rue. Les vies oubliées des sans-abri autochtones », par Brian Myles, Le Devoir, 26 et 27 février 2005
    « Les Inuits du Carré Cabot, une minorité oubliée », par Mélanie St-Pierre, Les Échos du Vieux-Montréal, janvier 2004
    Population ayant une identité autochtone, RMR de Montréal, 2001, Statistique Canada
    Consultation communautaire sur les sans-abri autochtones – région de Montréal, document préparé par Susan Judith Ship pour le Centre d’amitié autochtone de Montréal et soumis au ministère des Ressources humaines et du Développement du Canada, décembre 2001
    (consultés le 31 juillet 2007)
    13 Itinérance et accès aux services : problèmes et enjeux, par Shirley Roy et al., Collectif de recherche sur l’itinérance, la pauvreté et l’exclusion sociale CRI-UQÀM, mai 2006
    (consulté le 31 juillet 2007)