Signes vitaux 2010 -  Fondation du Grand Montréal
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Si l’on a tendance à surestimer l’action des gangs de rue, c’est sans doute en raison de leur extrême violence et du fait qu’ils pavent la voie à des carrières criminelles. Aussi ne faut-il pas baisser la garde, même si Montréal reste relativement sécuritaire.
  • pictogramme balanceEn 2009, la grande région occupe une position intermédiaire, entre celles de Toronto et Vancouver en matière de criminalité. Et tous ses taux sont à la baisse. À l’exception des vols de véhicules, tous se situent sous la moyenne canadienne. À l’exception des infractions criminelles au code de la route, tous sont supérieurs à la moyenne québécoise. 1

  • En 2008, le taux de crimes motivés par la haine d’un groupe identifiable est de 1 pour 100 000 habitants, alors que dans les régions métropolitaines de même taille, il est au moins quatre fois plus important (4,2).2
  • Dans la grande région, la proportion d’immigrants qui se déclarent satisfaits de leur niveau de sécurité personnelle est passée de 76 % à 92 % entre 1993 et 2004, tandis que Toronto connaissait une hausse moins importante (de 87 % à 93 %) et que la situation de Vancouver était plus stable (de 86 % à 90 %) à cet égard.3

  • Sur l’île, le nombre d’infractions commises dans un contexte conjugal est en déclin depuis 2001 (sauf en 2005) puis connaît une remontée en 2008 pour atteindre 5 614. Et 82,6 % de ces délits font une victime féminine.4

  • De même, la très grande majorité (84,6 %) des 1 265 agressions sexuelles enregistrées sur l’île en 2008 sont dirigées contre des victimes féminines, à peu près autant de mineures que d’adultes. Par contre, les garçons en sont cinq fois plus la cible (12,8 %) que les hommes (2,6 %). 5

  • La grande région affiche un taux de délinquance juvénile inférieur à celui de toutes les autres régions métropolitaines du pays, à l’exception de celle de Québec.6

  • De 2001 à 2007, la criminalité adulte a diminué de 19 %, sur l’île, et la criminalité juvénile de 16 %. Entre autres, les délits violents attribuables aux jeunes qui se sont produits dans les écoles ont connu une baisse de 10%, passant de 541 à 488.7

  • En 2001, près de 14 % de l’ensemble des auteurs présumés de crimes identifiés par la police de Montréal sont des jeunes de 12 à 17 ans. Parmi les affaires en cause, 42 % sont des crimes de violence, 45 % des crimes contre les biens et 11 % des infractions relatives aux drogues.6

  • En 2001, sur l’île, les infractions relatives aux drogues représentent 11 % des affaires impliquant un adolescent. Il s’agit essentiellement de possession (67 %) et de trafic (13 %) de cannabis. Par comparaison, la possession de cannabis ne représente que 42 % des infractions relatives aux drogues chez les adultes, alors que le trafic (15 %) et la possession (14 %) de cocaïne sont environ quatre fois plus répandus que chez les jeunes.6

  • En 2007, les jeunes de l’île sont impliqués principalement dans trois types de délits : les voies de faits (62 %), les cas de menaces et d’extorsions (18,8 %) et les vols qualifiés (13,8 %). 7

  • En 2007, les adolescents sont impliqués dans 12 % de la criminalité violente alors qu’ils représentent 6,5 % de la population de l’île. La proportion est semblable pour les agressions sexuelles (13 %) et les voies de fait (12 %). En particulier, près d’un vol qualifié sur cinq (18 %) leur est attribuable, un constat qui met en évidence un problème propre aux jeunes, celui du taxage. 7

  • En 2007, une arme à feu est utilisée dans 2 % des actes violents commis par des jeunes de l’île et un objet pointu dans 7 % des cas. Dans la très grande majorité des situations (70 %), on fait usage de force physique ou de violence verbale. 7

  • Le fait de commettre un crime à plusieurs est une particularité de la délinquance juvénile. Chez les 12 à 17 ans de l’île, en 2007, 35 % des délits violents sont commis par plusieurs individus, une proportion qui chute à 22 % chez les 18-25 ans et à 8 % chez les plus âgés.7
  • Sur l’île, en 2007, les adolescents sont très présents dans les crimes reliés aux gangs de rue (un cas sur trois), mais ces événements violents ne représentent qu’une faible part (un cas sur dix) de la criminalité juvénile.7

  • Dans l’ensemble, la criminalité attribuable aux gang de rue représente 1,6 % des actes criminels commis sur le territoire montréalais en 2009, soit 0,3 % des crimes contre la propriété, 3 % des voies de fait et 4 % des crimes contre la personne. Bien que leur nombre soit en diminution depuis 3 ans, les proportions d’homicides (16 %) et de tentatives de meurtre (35 %) reliées aux gangs de rue nécessitent une vigilance soutenue.8
  • Parmi les 2 819 crimes contre la personne qui font une jeune victime sur l’île en 2007, 283 sont reliés aux gangs de rue, soit 9 % des cas.7

  • Alors qu’elles comptent pour 3 % de la population de l’île, 26 % des victimes d’agressions sexuelles signalées au SPVM en 2007 sont des adolescentes, soit près de neuf fois leur poids démographique; de même, les fillettes sont victimes de 12,8 % des agressions sexuelles (deux fois leur poids). Les garçons de 12 à 17 ans, qui représentent 3,3 % de la population, sont victimes quant à eux de 12,6 % de tous les cas de vols qualifiés rapportés cette année-là (près de quatre fois leur poids).7

  • En 2001, sur l’île, dans les affaires où au moins un auteur présumé est âgé de 12 à 17 ans, les victimes appartiennent au même groupe d’âge (44 %) ou ont entre 18 et 24 ans (15 %), alors que les personnes de 65 ans et plus ne comptent que pour 1 % des victimes.6
  • Depuis 2003, le Service de police de la Ville de Montréal répertorie en moyenne 4 500 fugues par année.9

  • Sur l’île, en 2006-2007, on dénombre 2 168 cas où la sécurité ou le développement d’un jeune est compromis en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse, soit 6 % de plus qu’en 1996-1997. Et 1 633 d’entre eux sont nouvellement pris en charge, un peu comme dix ans auparavant (1 602) avec une population de mineurs légèrement inférieure (–2,7 %). Au cours de cette période, le délai d’attente pour l’évaluation d’un signalement retenu est toutefois passé de 19,6 à 8,6 jours, une amélioration de 56 %. 10
  • Sur l’île, en 2008-2009, plus d’un signalement de jeune en besoin de protection sur quatre (77 %) provient du milieu de la santé (28 %), du milieu policier (28 %) et du milieu scolaire (21 %); les autres sont issus du milieu familial (15 %) ou, deux fois moins souvent, d’une personne de la communauté (8 %). De tous ces signalements, 3 679 sont retenus, soit 45 % de l’ensemble : deux sur trois concernent des motifs de négligence (33 %) et d’abus physiques (30 %); les mauvais traitements psychologiques affectent la moitié moins de jeunes (15 %) tandis que les troubles de comportement (11 %) et les abus sexuels (11 %) touchent une même proportion d’entre eux. Les enfants de 5 ans et moins subissent davantage de négligence et de mauvais traitements psychologiques; les troubles de comportement se concentrent chez les adolescents [12-17 ans] tandis que les abus physiques et sexuels touchent particulièrement le groupe des 6 à 11 ans.11
  • Dans les secteurs les plus démunis de l’île, davantage de jeunes piétons (8 fois plus), de jeunes cyclistes (4 fois plus) et de jeunes passagers (3 fois plus) sont blessés aux intersections que dans les secteurs les mieux nantis.12
  • En 2006, la moyenne montréalaise de conducteurs impliqués dans un accident avec blessures est de 5,2 par tranche de 1 000 titulaires de permis. Pour la cohorte des 65 ans et plus elle se situe à 2,8 et à 3,4 chez les conducteurs âgés de 75 ans et plus. Les conducteurs aînés, qui représentent 13 % de l’ensemble des titulaires de permis sur le territoire de l’île, sont en moyenne impliqués dans 7 % des accidents avec blessures se produisant annuellement. Ils sont cependant surreprésentés dans les accidents graves ou mortels.13
  • De 2007 à 2009, sur l’île, les victimes d’accidents graves (3,6 %) ou mortels (0,4 %) comptent pour 4 % des quelque 8 500 blessés annuels de la route. 14
  • En 2006, les piétons âgés de 65 ans et plus forment 15 % de la population de l’île, mais représentent 37 % des piétons tués à la suite d’une collision. 13

dotLa plupart des différends qui, dans l’espace urbain, opposent voisins, commerçants, visiteurs ou itinérants se règlent aisément. Mais lorsqu’ils persistent, sans communication possible entre les parties, le réflexe est de s’en remettre aux forces de l’ordre ou aux tribunaux. Or il existe maintenant une alternative crédible et impartiale à la judiciarisation des conflits, fruit du travail de plusieurs partenaires locaux : une équipe de médiation urbaine qui, depuis trois ans au centre-ville, facilite la résolution des tensions impliquant les gens de la rue et favorise une cohabitation sociale harmonieuse sur le domaine public. Il s’agit là d’une approche novatrice – volontaire, confidentielle et gratuite – qui gagnerait à s’intégrer à nos mœurs et à se généraliser. 15

Sources :

1 Statistiques des crimes (fondés sur l’affaire), par infractions détaillées, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité, Tableaux Cansim 252-0013 et 252-0051, Statistique Canada
http://vitalsignscanada.ca/rpt2010/II-1.pdf
http://vitalsignscanada.ca/rpt2010/II-2.pdf
http://vitalsignscanada.ca/rpt2010/II-3.pdf
http://vitalsignscanada.ca/rpt2010/II-6.pdf

2 Crimes haineux déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2007 et 2008 Statistique Canada
http://www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/2010002/article/11233/tbl/tbl01-fra.htm

3 Dans quelle mesure les immigrants sont-ils satisfaits de leur sécurité personnelle ? par Colin Lindsay, Statistique Canada, 2008
http://www.statcan.gc.ca/pub/89-630-x/2008001/article/10672-fra.htm

4 Statistiques 2008 sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec, ministère de la Sécurité publique, 2009, 57 p.
http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/violence_conjugale/2008/Violence_conjugale_2008.pdf

5 Statistiques 2008 sur les agressions sexuelles au Québec, ministère de la Sécurité publique, 2010, 55 p.
http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/agressions_sexuelles/2008/agressions_sexuelles_2008.pdf

6 Caractéristiques des quartiers et répartition de la criminalité sur l’île de Montréal : analyse supplémentaire sur la criminalité chez les jeunes, par Samuel Perreault, Josée Savoie et Frédéric Bédard, Statistique Canada, 2008, 27 p.
http://www.statcan.gc.ca/pub/85-561-m/85-561-m2008011-fra.pdf

7 La violence chez les jeunes : un portrait chiffré de la délinquance et de la victimisation, par Maurizio D’Elia, Service de police de la Ville de Montréal, 2009, 14 p.
http://www.spvm.qc.ca/upload/documentations/violence_jeunes.pdf

8 Actualités. Gang de rue, Service de police de la Ville de Montréal, février 2010, 8 p.
http://www.spvm.qc.ca/upload/documentations/GDR_fev10_V2.pdf

9 Phénomène des fugues, Service de police de la Ville de Montréal
http://www.spvm.qc.ca/fr/jeunesse/parent-phenomene-des-fugues.asp

10 Indicateurs repères relatifs à l'application de la Loi sur la protection de la jeunesse, selon la région sociosanitaire du centre jeunesse, Québec, 1996-1997 et 2006-2007, Institut de la Statistique du Québec
http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/referenc/quebec_stat/con_sys/con_sys_10.htm

11 Bilan DPJ 2008-2009, Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire, Montréal,2009, 16 p.
http://www.centrejeunessedemontreal.qc.ca/pdf/dpj/bilan_dpj_2009.pdf

12 Assurer la protection et la sécurité des enfants, ce droit s’applique-t-il aux routes montréalaises ? par Patrick Morency, Direction de santé publique, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, 2009
http://www.santepub-mtl.qc.ca/droitsenfant/pdf/securiteroutiere.pdf

13 Les moyens de transport et la mobilité des aînés montréalais : intervenir face au vieillissement de la population, Table de concertation des aînés de l’île de Montréal et Conférence régionale des élus de Montréal, 2009, 99 p.
http://www.credemontreal.qc.ca/Publications/Aines/Rapport_Transport_et_Mobilite_TCAIM.pdf

14 Bilans routiers 2007, 2008 et 2009, Société de l’assurance automobile du Québec
http://www.saaq.gouv.qc.ca/documents/documents_pdf/prevention/bilan_routier.php

15 Trajet (organisme de justice alternative) et Caroline Lemay
http://www.rojaq.qc.ca/blog/montreal/trajet-jeunesse-montreal/